Etude de cas cliniques en oncologie, (mention T.B)
Le travail présenté se voulait en lien avec la réalité du lieu d’hospitalisation et au plus près d’un certain vécu des patients et des enjeux liés à la maladie grave. Cependant, cette étude ne pouvait faire l’économie d’une analyse institutionnelle qui donner le ton des interrelations pour permettre de comprendre la mise en place de certains mécanismes de défenses, tant des soignants que des soignés. L’un et l’autre avec sa propre histoire, sa personnalité, son éducation, ses expériences de malheurs aura un comportement particulier en face à face, même si se reconnaissant semblables, l’un est bien portant et l’autre est en perte de cette santé là.
Après une contextualisation du lieu de cette étude clinique, l’intérêt de ce travail de recherche fut porté sur la dyade conjugale. Avant de proposer à la clinique trois suivis, il fut nécessaire de poser le cadre de l’étude et de définir ce qui s’entendait par couple au travers de la littérature. Témoin des diverses approches, tant sociologique, anthropologique, économique qui peuvent être présentées, le choix s’est essentiellement dirigé vers une approche du couple conjugal dans ses fondements, face à la maladie et à la mort du point de vue de la psychologie de la santé et psycho-dynamique.
L’étude clinique proposée s’est déclinée au travers des entretiens psychologiques qui ont pu être réalisés auprès de trois couples. Couples qui à première vue n’offraient pas les mêmes caractéristiques socio-démographiques, mais qui avaient en commun la présence du conjoint dans ces instants difficiles liés à la maladie et à la fin de vie.
Les tenants et les aboutissants de la présence du conjoint ne nous ont pas été formulés et peut-être avaient-ils une raison d’être très subjective voire très socialement correcte mais cela n’était pas l’objet de notre étude. Celle-ci se voulait être témoin de l’aide psychologique possible à offrir à un patient et à son couple choisi, dans un moment crucial de vie, où il parait essentiel de prendre soin des uns et des autres.
Les rencontres ne faisaient pas suite à une demande de soutien conjugal explicitement formulée et ne répondaient pas à une recherche clinique avec confirmation ou infirmation d’hypothèses. Rencontrer les deux sujets de la dyade a eu pour objectif de donner un espace au couple et de permettre de véhiculer des mots plutôt que des maux. Ce qui en a été fait, appartient à chaque couple mais a permis de témoigner de la singularité de chaque couple.
Au delà du nombre d’années partagées, des conflits antérieurs et des souffrances portées par le couple, quelque chose d’autre, surement en lien avec un sentiment, a permis à ses couples de s’accompagner mutuellement. Les préoccupations de chaque couple se situaient au delà de question du genre. Le discours des uns et des autres ne rendaient pas compte de leur orientation sexuelle. Cette question là est la problématique sociale extérieure au couple, qui ne rend pas compte du fondement essentiel de la formation du couple. La question de l’amour de soi, de l’autre est une notion exprimée sous tant de versions, qu’il ne faut ni la pas perdre de vue ni l’oublier.
Ce travail de recherche a permis une réflexion sur le rôle du psychologue avec une prise de conscience des difficultés réelles et quotidiennes du terrain où il exerce.
La question de l’éthique se pose de façon criante d’autant plus dans des services où la mort se côtoie constamment. Les projets de service qui pourraient s’inscrire dans la dynamique de ce service, restent en lien avec cette question de l’éthique indispensable. Si la rencontre psychologique est un temps particulier, la proposer à un couple l’est d’autant. Travailler dans le rythme de chacun va permettre de rendre possible un après, partir en paix comme il est souhaité, sans souffrance, ne consiste pas uniquement à taire les manifestations physiques de douleur par l’emploi de morphine, mais aussi et surtout pas la paix psychique qui dépend peut-être aussi de son autre.